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Les risques du diabète

Les risques encourus par tout diabétique peuvent se présenter sous la forme d’une longue liste effrayante de complications irréversibles et dramatiques. Elles sont pourtant évitables et n’interviennent que lorsque la teneur en sucre dans le sang reste trop élevée, trop longtemps. Il est néanmoins fondamental de connaître leur existence, afin de lutter contre leur survenue.

 
Pourquoi ?

Les complications risquent de se développer à partir du moment où la glycémie n’est pas équilibrée et ce d’autant plus que se déséquilibre dure dans le temps. Cette hyperglycémie chronique est de surcroît souvent associée à d’autres facteurs aggravants tels que l’obésité, l’hypertension, la sédentarité, principalement dans le diabète de type 2. Face à de telles agressions, l’organisme débordé accumule des plaques graisseuses au niveau des gros vaisseaux sanguins, pendant que l’excès de sucre dans le sang détériore les petits vaisseaux et les nerfs. Plus un diabète est ancien et moins il est contrôlé, plus les risques augmentent.

 
Un trio de choc : rein, oeil, pied

Directement touchés par l’excès de glucose circulant, les petits vaisseaux (artérioles et capillaires) des reins et des yeux souffrent. En effet ces organes ont une micro-circulation sanguine particulièrement développée. Les lésions (microangiopathies), souvent silencieuses, peuvent conduire à des atteintes graves et irréversibles, en absence de traitement.

Au niveau du rein, une insuffisance rénale peut imposer le recours à la dialyse rénale.
Au niveau de l’œil, qu’il s’agisse d’atteintes de la rétine, de glaucome (hypertension au niveau de l’œil) ou de cataracte (opacification du cristallin), ces lésions aboutissent, lorsqu’elles ne sont pas soignées, à une perte totale de la vue. Or, ce lourd handicap peut être évité car des traitements existent, qui passent par un contrôle rigoureux du diabète.
D’où l’extrême importance d’un suivi régulier et du maintient de la glycémie à un taux le plus stable possible. Le traitement qui vous est prescrit est appelé à évoluer, afin d’éviter ces complications.

Les pieds sont également sensibles aux méfaits du diabète. Les gros vaisseaux se bouchent, la circulation sanguine est défaillante et les tissus du pied, fragilisés, sont douloureux, et menacés. Les nerfs sont touchés dans la transmission de l’information douloureuse. Il en résulte une perte de la sensibilité. De petites blessures peuvent alors passer inaperçues et dégénérer, provoquant des lésions graves aboutissant parfois à l’amputation.

 
Mais aussi…

Lorsque la glycémie est mal maîtrisée, les gros vaisseaux de l’organisme (artères) s’encrassent peu à peu. Ce phénomène est souvent accentué par le cholestérol, l’hypertension artérielle, et plus généralement par l’hygiène de vie (habitudes alimentaires, tabac, alcool manque d’activité physique). Et ce terrain est propice à tout un cortège de complications cardiovasculaires, auquel les diabétiques sont plus sensibles que quiconque. Artérite, infarctus hémiplégie…selon la localisation des vaisseaux touchés.
Mauvaise circulation, oxygénation insuffisante des tissus, trop forte concentration en sucre du sang, ces facteurs constituent un milieu très favorable au développement des bactéries. Les diabétiques doivent se méfier des infections, auxquelles ils sont très sensibles. Au niveau d’éventuelles lésions des pieds bien sûr, mais également à d’autres niveaux (pulmonaires, urinaires, cutanées…).
Nombreux sont les diabétiques qui constatent une altération de leur vie sexuelle. Les troubles circulatoires peuvent en effet générer des troubles de l’érection chez l’homme. Des variations de la libido chez l’homme comme chez la femme relèvent davantage d’une certaine morosité psychologique que toute maladie chronique est susceptible d’engendrer. L’équipe médicale qui vous entoure est là pour vous rassurer et de vous conseiller. Demandez lui conseil !

Il est important de préciser que diabète et maternité ne sont pas incompatibles, et qu’une glycémie bien maîtrisée permet de vivre une grossesse tout à fait normale, grâce à un suivi adapté.
Enfin des complications ponctuelles à titre d’acidocétose ou d’hypoglycémie (manque de sucre dans le sang) surviennent dans certaines circonstances particulières.
L’acidocétose est due à un manque d’insuline qui provoque une hyperglycémie et une consommation anormale des graisses à la place du sucre. La libération d’acétone qui en résulte engendre l’accumulation de déchets acides que l’organisme peine à éliminer. La survenue de ce type de complication est généralement liée à une infection importante et à la fièvre. Certains traitements (cortisone ou traitement de l’asthme à forte dose) peuvent également être à l’origine de tels problèmes. Soif intense, urines fréquentes, troubles digestifs (nausées, douleurs…) constituent des signes d’appel à ne pas négliger. Ils doivent impérativement vous conduire à consulter, surtout si votre glycémie reste au dessus de 2,5 à 3g/l, et que les bandelettes urinaires révèlent des corps cétoniques.

L’hypoglycémie quant à elle, peut survenir suite à un effort trop intense et imprévu, un repas sauté, une erreur de traitement, qui amènent la glycémie en dessous de 0,6 g/l. Elle se traduit par des malaises variables d’une personne à l’autre (sueur, tremblements, pâleur…) pouvant aller jusqu’à l’inconscience. Dans ce cas, il est nécessaire de faire effectuer rapidement une injection intramusculaire de glucagon (hormone poussant le foie à fournir du sucre) ou une injection par voie veineuse d’une solution de glucose, afin de « re-sucrer Â» l’organisme.

 
L’importance de la surveillance et des bilans

Apprendre à se connaître et à se surveiller, reconnaître les signaux d’alerte de son corps, sont autant d’éléments fondamentaux qui permettent d’éviter les complications. Ces habitudes à adopter au plus vite semblent fastidieuses de prime abord mais sont indispensables à une évolution favorable du diabète. Elles doivent s’accompagner de règles hygiénodiététiques concrètes où le tabac est absent, l’alimentation variée et équilibrée, et l’activité physique encouragée.

Chaque année : un bilan complet s’impose. Le bilan clinique va permettre de « faire le point Â» sur le respect des conseils donnés et l’état global du diabétique (examen de la peau, des réflexes, des dents, du pouls, poids, taille…). Le bilan para-clinique complet vérifie quant à lui le bon fonctionnement de l’organisme (électrocardiogramme, bilan ophtalmologique, bilan lipidique, bilan rénal, bilan podologique).

Tous les trois à quatre mois, l’hémoglobine glyquée (reflet de la moyenne des glycémies), le poids, la tension artérielle, l’état des pieds, seront contrôlés.
Chaque jour le contrôle de la glycémie capillaire peut-être nécessaire. La glycémie capillaire renseigne sur la quantité de glucose dans le sang à un instant précis. Seul le médecin peut déterminer la fréquence de cette autosurveillance. Les résultats permettent d’adapter le traitement pour que la glycémie reste au plus près des objectifs fixés par le médecin. Choisir son matériel et apprendre à s’en servir assurent la bonne conduite du traitement. L’équipe soignante est là pour vous épauler en cas de doutes ou de problèmes Il ne faut pas hésiter à demander conseil ou à consulter son équipe soignante en cas d’infection, de douleurs inexpliquées, de vision changée, de crampes nocturnes ou de douleurs à la marche pouvant traduire une artérite. Plus généralement, chaque fois qu’un trouble nouveau apparaît. Car dialoguer est un atout dans le bon suivi de son diabète.

 
Pour en savoir plus